Transparence totale : le lecteur doit savoir
Dans la classification de l'AI Act, les contenus générés par IA entrent dans la catégorie des systèmes à « risque limité ». Conséquence directe pour la presse en ligne : le public ne doit pas être induit en erreur.
Concrètement, toute image d'illustration issue d'une intelligence artificielle doit être clairement signalée. La mention textuelle dans la légende (du type « Illustration générée par IA ») devient un impératif déontologique autant que légal. Masquer l'origine artificielle d'un visuel, en particulier dans un contexte journalistique traitant de faits réels, expose le média à des accusations de désinformation et à de lourdes sanctions financières prévues par le règlement européen.
Le défi technique : du filigrane au signal C2PA
Mais la loi ne s'arrête pas à la simple ligne de texte sous l'image. Elle exige également que ces contenus soient « lisibles par des machines ». En clair, les fichiers numériques doivent embarquer des preuves de leur origine artificielle.
C'est ici que la technique rejoint la loi. La plupart des grands générateurs intègrent déjà par défaut des filigranes invisibles ou des signaux normalisés (issus de l'initiative internationale C2PA). Le piège, pour les gestionnaires de sites web, réside souvent dans la chaîne de publication :
Un simple passage par un outil de compression d'images un peu trop agressif ou la suppression des métadonnées (EXIF) lors de la mise en ligne peut effacer ce passeport numérique.
Les éditeurs doivent donc veiller à préserver ces informations techniques au moment d'intégrer les visuels dans leurs CMS (comme WordPress).
Vers un journalisme plus rigoureux
Au-delà des aspects purement graphiques, cette réglementation rappelle une évidence pour les créateurs de contenus : l'IA générative est un outil d'assistance, pas un substitut à la vérification journalistique. Qu'il s'agisse de concevoir des visuels d'illustration ou de rédiger des brèves, la responsabilité éditoriale reste entièrement entre les mains de l'humain.
Conclusion : faire de sa plateforme un modèle de conformité face à l'AI Act
En adoptant dès aujourd'hui ces bonnes pratiques — qu'il s'agisse de la transparence textuelle des légendes ou du respect des signaux de traçabilité technique sur les images —, un site d'actualités prouve qu'il répond pleinement aux exigences de l'AI Act. Bien loin d'être une simple contrainte technique, cette mise en conformité devient un gage de sérieux et de transparence, permettant de protéger durablement le média tout en garantissant aux lecteurs une information intègre et digne de confiance.